Sur un casque sans fil moderne, une grande partie du traitement audio est généralement concentrée dans quelques circuits intégrés. Décodage Bluetooth, conversion numérique-analogique, amplification et réduction active du bruit doivent cohabiter dans un espace très limité, avec une consommation électrique maîtrisée.

Écoute Audio a choisi de s'éloigner de cette logique d'intégration maximale. Son nouveau TH2 conserve une architecture issue de la haute-fidélité traditionnelle, avec un étage de préamplification à lampes inséré dans le parcours du signal.

Le fabricant avait déjà exploré cette solution avec le TH1. Le TH2 en reprend le principe et cherche à corriger plusieurs aspects pratiques : confort, interférences, restitution des basses fréquences et efficacité de la réduction active du bruit.

Le produit a été présenté avant cet automne, notamment dans le cadre d'une campagne de financement participatif en février. Les nouvelles communications d'octobre concernent son arrivée prévue dans les circuits commerciaux et les caractéristiques des différentes finitions.

Un véritable étage à lampes, pas seulement un effet sonore numérique

L'élément qui distingue le TH2 de la majorité des casques Bluetooth est son préamplificateur Korg Nutube 6P1.

Contrairement à une fonction logicielle simulant le comportement d'un amplificateur ancien, il s'agit ici d'un composant électronique physique reposant sur le principe d'une double triode.

La technologie Nutube adapte le fonctionnement d'une lampe électronique à un format beaucoup plus compact que celui des tubes traditionnellement utilisés dans les amplificateurs hi-fi.

Dans le TH2, cet étage intervient après la conversion numérique-analogique et avant l'amplification de puissance.

Son rôle consiste à traiter un signal analogique et à lui appliquer un gain selon les caractéristiques du circuit.

Écoute Audio met en avant une restitution chaleureuse, une texture harmonique particulière et une meilleure perception des détails.

Ces qualités restent cependant des promesses acoustiques à vérifier. La seule présence d'une lampe ne garantit ni une plus faible distorsion ni une meilleure fidélité à l'enregistrement.

Un amplificateur peut être conçu pour reproduire le signal avec une transparence maximale ou, au contraire, pour lui apporter une coloration sonore délibérée. Ce sont deux objectifs différents.

Deux DAC et deux amplificateurs pour séparer les canaux

Le TH2 adopte une architecture double mono. Chaque canal bénéficie de son propre parcours électronique, depuis la conversion numérique-analogique jusqu'à l'amplification.

Le fabricant utilise un convertisseur à deux cœurs indépendants, associé aux étages de préamplification Nutube et à une amplification analogique de classe AB.

Cette organisation vise notamment à limiter la diaphonie, c'est-à-dire le passage indésirable d'une partie du signal gauche vers le canal droit, ou inversement.

En théorie, une séparation plus importante peut contribuer à préserver la précision de la scène stéréo.

Mais l'architecture physique ne constitue pas, à elle seule, une mesure de performance.

La séparation réelle dépend également du câblage, de l'alimentation, de la disposition des composants et du comportement acoustique des transducteurs.

Des casques utilisant des circuits beaucoup plus intégrés peuvent eux aussi obtenir d'excellents résultats de diaphonie.

La comparaison devra donc s'appuyer sur des mesures plutôt que sur le nombre d'étages électroniques.

Des transducteurs de 40 mm et une nouvelle chambre acoustique

Le signal traité par cette électronique alimente deux transducteurs dynamiques de 40 mm.

Leurs membranes utilisent du Mylar recouvert de titane, selon la documentation du constructeur.

Pour cette deuxième génération, Écoute Audio annonce une refonte de la chambre de résonance.

L'objectif déclaré est de produire des basses plus profondes et mieux définies, tout en améliorant la précision des hautes fréquences.

Dans un casque fermé, le volume d'air autour du transducteur et la manière dont cet espace est amorti ont une influence sur la réponse acoustique.

Une modification de la chambre peut donc changer le comportement des graves, les résonances ou la sensibilité du transducteur.

Pour autant, une augmentation subjective de l'impact des basses ne correspond pas nécessairement à une restitution plus fidèle.

Il faudra observer la réponse en fréquence, la distorsion et le comportement du casque selon l'étanchéité des coussinets.

Le constructeur ne fournit pas, dans les sources exploitées, de comparaison indépendante permettant de quantifier les bénéfices de cette nouvelle chambre.

Les lampes imposent aussi de gérer le bruit et les interférences

Installer un étage à lampes dans un casque nomade représente un défi technique.

L'appareil doit pouvoir fonctionner à proximité d'émetteurs radio Bluetooth, de circuits numériques et d'une alimentation sur batterie.

Les étages analogiques sensibles peuvent être affectés par des perturbations électriques ou mécaniques.

Les tubes électroniques, selon leur conception, peuvent notamment présenter une sensibilité aux vibrations, parfois qualifiée de microphonie.

Écoute Audio annonce avoir renforcé la protection de ses circuits Nutube sur le TH2.

Cette modification vise à réduire les interférences et le bruit de fond.

C'est une amélioration potentiellement plus importante qu'une simple évolution esthétique : un bruit électronique audible peut affecter l'expérience d'écoute, particulièrement lors des passages musicaux calmes.

Mais il reste nécessaire de mesurer le niveau de bruit résiduel et de vérifier le comportement du casque en mobilité.

Bluetooth 5.3, LDAC et USB-C : le TH2 reste un casque moderne

Malgré son architecture analogique inhabituelle, le TH2 n'abandonne pas les fonctions attendues d'un casque sans fil haut de gamme.

Il dispose d'une connexion Bluetooth 5.3 prenant notamment en charge les codecs SBC, AAC et LDAC.

Le LDAC permet de transmettre un signal audio Bluetooth à un débit relativement élevé sur les appareils compatibles.

Il reste néanmoins un codec de transmission avec ses propres contraintes et ne doit pas être confondu avec une connexion numérique PCM filaire sans perte.

Le casque peut également recevoir un signal numérique par USB-C.

Le fabricant annonce une capacité de conversion atteignant 32 bits et 384 kHz dans les conditions compatibles.

Ce chiffre décrit une capacité technique de la chaîne numérique. Il ne démontre pas que l'écoute d'un fichier à cette définition sera systématiquement meilleure que celle d'un enregistrement de qualité à une fréquence inférieure.

Une entrée jack 3,5 mm complète les possibilités de connexion.

Elle permet une utilisation analogique avec les modes d'amplification prévus par le constructeur.

Cette polyvalence peut intéresser les auditeurs qui alternent entre smartphone, ordinateur et matériel hi-fi dédié.

Une réduction active du bruit retravaillée

Le TH2 intègre une réduction active du bruit hybride ainsi qu'un mode transparence.

Ces fonctions ne sont pas nouvelles sur le marché. Elles sont devenues courantes dans les casques sans fil de milieu et de haut de gamme.

Leur présence est néanmoins intéressante sur un appareil misant autant sur l'amplification analogique.

La réduction active repose sur des microphones et un traitement du signal destiné à atténuer certaines composantes du bruit ambiant.

Elle est généralement plus efficace contre des bruits continus ou relativement prévisibles que contre l'ensemble des sons environnants.

Écoute Audio affirme avoir amélioré son système par rapport au TH1.

Le résultat devra être confronté à des mesures d'atténuation et à des situations d'écoute réelles.

À ce niveau de prix, les acheteurs peuvent légitimement comparer son ANC à celui de modèles reconnus pour leurs performances dans les transports ou les environnements bruyants.

L'originalité de l'amplification ne dispense pas le TH2 de cette comparaison.

Un égaliseur à huit bandes enregistré dans le casque

Écoute Audio propose également une personnalisation du rendu sonore par traitement numérique.

Le TH2 intègre un égaliseur à huit bandes, avec une amplitude de réglage annoncée de plus ou moins 12 dB par bande.

Les paramètres sont appliqués dans le traitement interne et enregistrés dans le micrologiciel.

L'intérêt est de conserver une signature sonore personnalisée lors du changement de source, au lieu de dépendre exclusivement des réglages d'une application de lecture.

Ce système peut permettre de corriger certains préférences d'écoute, par exemple en réduisant une zone de graves trop présente ou en modifiant l'équilibre des aigus.

Il ne supprime toutefois pas les limites physiques du transducteur ou de la chambre acoustique.

Une amplification importante de certaines fréquences peut aussi réduire la marge disponible avant saturation.

La possibilité de régler le casque est donc utile, mais elle ne remplace pas une conception acoustique correctement maîtrisée.

Un arceau repensé et des pièces de confort remplaçables

Le confort fait partie des autres priorités annoncées pour cette deuxième génération.

Le TH2 utilise un arceau à suspension hybride, avec plusieurs points d'articulation destinés à mieux répartir le poids.

Cette approche peut réduire les points de pression sur le sommet du crâne et améliorer l'adaptation aux différentes morphologies.

Le casque conserve cependant une structure complexe intégrant des circuits supplémentaires, dont les conséquences sur le poids ressenti devront être évaluées.

Le fabricant annonce également une conception modulaire pour les coussinets et les revêtements de l'arceau.

Le remplacement de ces éléments peut prolonger l'utilisation d'un casque, car les matériaux au contact de la peau figurent parmi les pièces qui s'usent avec le temps.

La pertinence de cet avantage dépendra de la disponibilité et du coût des composants de rechange.

Une écoute de quelques minutes ne permet pas de confirmer le confort sur plusieurs heures.

La pression latérale, la chaleur et l'ajustement doivent être appréciés sur la durée.

20 heures d'autonomie annoncées : un compromis à examiner

Écoute Audio annonce environ 20 heures d'autonomie pour le TH2.

Le fabricant indique également une recharge d'environ 3,5 heures.

Ces chiffres ne sont pas des mesures indépendantes réalisées dans des conditions contrôlées.

L'autonomie réelle dépend notamment du volume, du codec, de la réduction active du bruit et des autres traitements utilisés.

L'intégration d'une préamplification à lampes et d'une amplification double mono ajoute des considérations de consommation différentes de celles d'un casque centré sur un circuit audio fortement intégré.

Cela ne permet pas de quantifier directement la consommation des composants Nutube dans le TH2.

L'endurance annoncée doit donc être appréciée comme une caractéristique globale du produit.

Pour un usage essentiellement domestique, 20 heures peuvent être suffisantes.

Pour de longs déplacements, les utilisateurs devront évaluer si cette durée répond à leurs habitudes et à leurs possibilités de recharge.

999 dollars aux États-Unis, jusqu'à 1 099 livres au Royaume-Uni

Le prix positionne clairement le TH2 dans le segment premium.

Écoute Audio annonce un tarif public conseillé de 999 dollars aux États-Unis.

Le site officiel affiche également une réservation promotionnelle à 899 dollars, tout en précisant que les exemplaires ne sont pas encore disponibles pour une expédition immédiate.

Au Royaume-Uni, la version avec finition textile est annoncée à 999 livres.

La finition cuir atteint 1 099 livres.

Une distribution européenne est également évoquée par la presse spécialisée, avec un tarif public conseillé de 999 euros.

Ces montants correspondent à des marchés et à des offres différents. Ils ne doivent pas être interprétés comme un tarif mondial uniforme.

Le casque devrait commencer à être expédié commercialement en novembre 2026.

Cette échéance reste un calendrier annoncé par le fabricant et ses partenaires.

Un circuit plus complexe produit-il nécessairement un meilleur son ?

C'est la question centrale posée par le TH2.

Le fabricant défend une approche où chaque étape de traitement et d'amplification reçoit une place distincte.

Cette architecture peut présenter un intérêt pour un constructeur qui souhaite contrôler précisément le comportement analogique de son casque.

Mais une conception comprenant davantage de composants n'est pas automatiquement supérieure à une solution plus intégrée.

Les performances doivent être évaluées à partir de la réponse en fréquence, de la distorsion, du bruit de fond, de la séparation des canaux et de la constance du rendu.

L'écoute subjective reste importante, notamment lorsqu'une signature sonore particulière est volontairement recherchée.

Elle doit cependant être distinguée d'une démonstration de fidélité technique.

Un son décrit comme chaleureux peut séduire certains auditeurs tout en s'éloignant d'une reproduction strictement neutre.

Le TH2 pourrait donc être intéressant précisément parce qu'il propose un caractère sonore différent, sans que cela le rende nécessairement plus fidèle que tous les autres casques.

Un pari singulier sur un marché très concurrentiel

Avec le TH2, Écoute Audio ne cherche pas à reproduire exactement la formule des grands fabricants de casques Bluetooth.

Sa proposition repose sur une architecture audio atypique, associant un composant Nutube à des circuits double mono et à des fonctions modernes de traitement numérique.

Les évolutions annoncées sur la réduction de bruit, les chambres acoustiques et le confort répondent à des besoins concrets.

Mais elles devront être confirmées par des essais indépendants.

À 999 dollars, le casque ne peut pas compter uniquement sur l'originalité de sa conception. Il devra aussi convaincre sur les critères les plus ordinaires : restitution sonore, confort, autonomie, fiabilité et qualité de l'ANC.

La commercialisation prévue en novembre donnera l'occasion de vérifier si cette alliance entre électronique à lampes et casque nomade apporte un véritable bénéfice d'écoute ou principalement une signature sonore différente.